samedi 6 octobre 2012

Carlo Ancelotti : « Ce n’est pas trop tôt pour s’installer en tête »

Carlo Ancelotti espère profiter du clasico pour prendre la tête du championnat. Il évoque tous les sujets et confie que Mourinho devra attendre longtemps avant de prendre sa place.



En survêtement, l’œil vif et malicieux, Carlo Ancelotti nous a reçus hier à la mi-journée après l’entraînement. A la veille du clasico, il se replonge avec gourmandise dans ses souvenirs de joueur pour évoquer Marseille, qu’il entend battre demain au Vélodrome. Il raconte aussi le nouveau PSG, de l’intérieur, et prévient José Mourinho, qui lorgne son siège.

A Porto, votre milieu de terrain, Verratti, Matuidi, Chantôme, Nene, découvrait la Ligue des champions. Leur manque d’expérience est-il la cause de votre défaite ?

Je reconnais que c’était un match difficile, mais il me semble qu’on pouvait faire mieux. On a manqué de courage et d’expérience chez certains joueurs. Mais ce n’est pas un problème individuel. Regardez : Matuidi a été le meilleur joueur sur le terrain avec Sakho. Le problème est collectif. Car l’intensité n’est pas la même que lors d’un match de championnat.

Regrettez-vous de ne pas avoir titularisé Mohamed Sissoko qui, lui, a déjà disputé la Ligue des champions ?

Sissoko a eu un petit problème après Sochaux. Et après sa blessure au genou, je ne pouvais pas prendre le risque de le mettre sur le banc car il a besoin d’un échauffement très long.

A chaque fois qu’il y a trois matchs dans la semaine, Pastore reste sur le banc au moins une fois. Il n’a pas la capacité d’enchaîner ?

Il peut enchaîner trois rencontres, mais pour avoir une bonne ambiance et une bonne atmosphère, je veux donner la possibilité à d’autres joueurs comme Gameiro ou Nene, qui sont très bons, d’être utiles. Aujourd’hui, je pourrais toujours mettre la même équipe mais si je fais ça, j’arrive en décembre avec onze joueurs fatigués et dix-sept autres démotivés. C’est la raison pour laquelle j’effectue ces changements. Cela permet aussi d’éviter les blessures.

L’année dernière, vous n’étiez pas l’entraîneur et Paris avait perdu 3-0 à Marseille. Gagner cette saison vous permettrait-il de franchir un palier ?

J’ai vu ce match. Premièrement, gagner à Marseille nous permettrait de prendre la tête de la L1. Après les trois matchs nuls du début de saison, ce serait bon. Ensuite, Marseille est une équipe qui va batailler pour le titre mais ce match ne décidera de rien. Néanmoins, on en connaît l’importance pour tout le monde, à commencer pour les supporteurs. Mais je ne veux pas rajouter de la pression sur cette rencontre. Nous allons jouer notre football dans un match difficile avec beaucoup d’intensité.

Prendre la tête du classement dès demain soir, ne serait-ce pas trop tôt ?

Non, ce n’est pas trop tôt pour s’installer en tête. Si on a la possibilité, c’est très bon pour tout le monde. Il faut le faire.

Quel discours allez-vous tenir aux joueurs ?

Je n’aime pas dire qu’un match de football, c’est la guerre. Ce clasico reste un match important, excitant à jouer avec tout un stade contre toi. Je connais bien l’ambiance à Marseille. J’ai joué là-bas en 1991 avec Milan et on avait perdu. Je me souviens même qu’il y avait eu une panne d’éclairage. (il rit.) C’est un mauvais souvenir. L’ambiance est très chaude. Les supporteurs sont vraiment derrière leur équipe. Marseille me fait penser à Naples.

Quels sont les autres rivaux dans la course au titre ?

Il y a Marseille, Lyon… Lille a aussi les qualités pour revenir.

Certains estiment que le PSG va remporter le Championnat de France sans forcer...

Je ne pense pas que ce sera facile. Objectivement, nous avons plus de possibilités que les autres clubs parce que nous avons plus de qualités, une équipe meilleure que la saison dernière et des joueurs qui connaissent mieux mes méthodes de travail. Financièrement, nous avons plus investi que les autres. Mais la Ligue 1 est en train de s’améliorer. Beaucoup d’équipes sont bien organisées défensivement. Physiquement, il y a beaucoup de joueurs forts. Donc, rien n’est facile.

Ibrahimovic est-il fatigué ?

Il n’est pas à 100%. Il manque un petit peu de réactivité. On travaille spécifiquement là-dessus. Mais même à 90%, il est pas mal. (Sourire.)

Pourquoi joue-t-il tous les matchs et tous jusqu’au bout ?

S’il n’a pas de problème de récupération et pas de problèmes physiques, il joue. C’est un joueur très important. Je ne cherche pas à construire l’équipe autour de lui. Nous avons notre propre identité et Ibra utilise ses qualités pour améliorer notre jeu.

Qu’a-t-il de différent ?

Tous les attaquants que j’ai connus sont un peu égoïstes. Ibra est tout le contraire. Parfois, il préfère donner une passe décisive que marquer. Inzaghi, par exemple, ne pensait qu’au but.

Jusqu’où peut aller Marco Verratti ? Il a le niveau pour devenir le nouveau Xavi ?

Xavi est très libre sur le terrain et joue de manière plus offensive que Verratti. Lui, c’est un milieu de terrain défensif. Dans sa position, il peut devenir le meilleur joueur d’Europe.

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